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Auteur/autrice : Johann Begel

02/06/2022 – Ian Merkel : « Les termes de l’échange : les intellectuels brésiliens et les sciences sociales françaises »

02/06/2022 – Ian Merkel : « Les termes de l’échange : les intellectuels brésiliens et les sciences sociales françaises »

Cher(e) membre de la société des américanistes,

Nous avons le plaisir de vous convier à la conférence qui se tiendra le jeudi 2 juin 2022, de 18 à 20h dans la salle de cinéma du musée du Quai Branly.

Ian Merkel

(Alexander von Humboldt Fellow, Department of History

Freie Universität Berlin, lauréat du prix d’aide à la publication 2021)

Les termes de l’échange : les intellectuels brésiliens et les sciences sociales françaises

Les idées les plus iconiques des sciences sociales françaises auraient-elles pu se développer sans l’influence des intellectuels brésiliens ? Alors que toute historiographie des sciences sociales brésiliennes reconnaît l’influence des universitaires français, Ian Merkel soutient que l’inverse est également vrai : les sciences sociales « françaises » ont été profondément marquées par les penseurs brésiliens, notamment ceux de l’Université de São Paulo. En utilisant le concept de cluster, Merkel retrace les réseaux qui unissaient Claude Lévi-Strauss, Fernand Braudel, Roger Bastide et Pierre Monbeig à l’USP, ainsi que leurs échanges avec des chercheurs brésiliens tels que Mário de Andrade, Gilberto Freyre, Caio Prado. Jr. et Florestan Fernandes.

Dans cet essai de biographie intellectuelle des sciences sociales brésiliennes et françaises, l’auteur établit des connexions qui éclairent d’un jour nouveau l’émergence de l’école des Annales, du structuralisme et de la démocratie raciale, tout en interrogeant les conditions de la construction du savoir à travers le travail de terrain et le dialogue scientifique. À une époque de remise en question des canons disciplinaires, cette conférence propose un recadrage de l’histoire de la pensée scientifique sociale moderne.

Prière de vous présenter directement à l’entrée du musée (37 quai Branly), sans passer par les caisses. Sauf changements, le pass sanitaire vous sera demandé à l’entrée du Musée. Le plan Vigipirate impose aux agents de sécurité du musée à ne pas autoriser l’introduction de valises (même cabines), sacs de voyage, sacs à dos, sacs de sport…

23/03/2022 – Philippe Descola, présentation de son ouvrage « Les formes du visible »

23/03/2022 – Philippe Descola, présentation de son ouvrage « Les formes du visible »

Cher(e) membre de la société des américanistes,

Nous avons le plaisir de vous convier à la conférence qui se tiendra le mercredi 23 mars 2022, de 18 à 20h dans la salle de cinéma du musée du Quai Branly.

Philippe Descola

Professeur émérite au Collège de France, Laboratoire d’anthropologie sociale, président de la société de 2002 à 2021, y présentera son dernier livre : Les formes du visible (éditions du Seuil, 2021)

Après une présentation de l’ouvrage par l’auteur, la séance se tiendra sous forme de débat avec Grégory Delaplace (directeur d’étude EPHE), Jessica de Largy Healy (chargée de recherche CNRS, LESC), et Perig Pitrou (directeur de recherche CNRS, LAS).

Les formes du visible – Philippe Descola, Seuil, 2021

La figuration n’est pas tout entière livrée à la fantaisie expressive de ceux qui font des images. On ne figure que ce que l’on perçoit ou imagine, et l’on n’imagine et ne perçoit que ce que l’habitude nous a enseigné à discerner. Le chemin visuel que nous traçons spontanément dans les plis du monde dépend de notre appartenance à l’une des quatre régions de l’archipel ontologique : animisme, naturalisme, totémisme ou analogisme. Chacune de ces régions correspond à une façon de concevoir l’ossature et le mobilier du monde, d’en percevoir les continuités et les discontinuités, notamment les diverses lignes de partage entre humains et non-humains.

Masque yup’ik d’Alaska, peinture sur écorce aborigène, paysage miniature de la dynastie des Song, tableau d’intérieur hollandais du XVIIe siècle : par ce qu’elle montre ou omet de montrer, une image révèle un schème figuratif particulier, repérable par les moyens formels dont elle use, et par le dispositif grâce auquel elle pourra libérer sa puissance d’agir. Elle nous permet d’accéder, parfois mieux que par des mots, à ce qui distingue les manières contrastées de vivre la condition humaine. En comparant avec rigueur des images d’une étourdissante diversité, Philippe Descola pose magistralement les bases théoriques d’une anthropologie de la figuration.

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Prière de vous présenter directement à l’entrée du musée (37 quai Branly), sans passer par les caisses. Sauf changements, le pass sanitaire vous sera demandé à l’entrée du Musée. Le plan Vigipirate impose aux agents de sécurité du musée à ne pas autoriser l’introduction de valises (même cabines), sacs de voyage, sacs à dos, sacs de sport…

03/02/2022 – Rodrigo Bulamah : « Les ruines circulaires : vie et histoire au nord d’Haïti »

03/02/2022 – Rodrigo Bulamah : « Les ruines circulaires : vie et histoire au nord d’Haïti »

Cher(e) membre de la société des américanistes,

Nous vous adressons tout d’abord nos meilleurs vœux pour cette année 2022.

Nous avons également le plaisir de vous annoncer que la prochaine conférence de la Société des Américanistes aura lieu le jeudi 3 février, à 18h (heure de Paris) en visioconférence.

Nous aurons le plaisir de recevoir le lauréat du Prix Jeune Chercheur.se de la Société des américanistes

Rodrigo Bulamah

Les ruines circulaires : vie et histoire au nord d’Haïti

Les ruines circulaires: vie et histoire au nord d’Haïti est un travail sur l’histoire depuis Milot, village au sein duquel différentes traces de temps passés se superposent et se croisent au cours des expériences rituelles et quotidiennes des habitants des mornes haïtiens. En portant mon regard sur les engagements avec les ruines, les ancêtres, les animaux et les symboles, est proposée une anthropologie dédiée à la production du passé, du présent et du futur dans ce contexte caribéen. En combinant l’ethnographie et le travail d’archives, je soutiens que l’histoire est un processus plus qu’humain, activement produit par le travail de divers agents qui engendrent des formes contemporaines de vie dans les ruines des projets coloniaux et révolutionnaires.

Le lien de connexion vous sera communiqué une semaine avant cette séance.

Lauréats 2021

Lauréats 2021

Prix Jeune Chercheur 
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  • Robrigo Charafeddine BULAMAH, Ruínas circulares: vida e história no norte do Haiti, Papeis Selvagens

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Aides à publications :

  • Ian William MERKEL, Terms of Exchange. Brazilian Intellectuals and the French Social Sciences, University of Chicago Press

  • Anath ARIEL DE VIDAS, Combine in order to coexist. Ethnography of a Nahua people of the Huasteca veracruzana in times of modernization, the University of Colorado Press, Traduction à l’anglais de Combinar para Convivir. Etnografía de un pueblo nahua de la Huasteca veracruzana en tiempos de modernización.

  •  Joanna CABRAL DE OLIVEIRA, Marta AMOROSO, Ana Gabriela MORIM DE LIMA, Karen SHIRATORI, Stelio MARRAS, Laure EMPERAIRE (eds) Voix végétales. Diversité, résistances et histoires de la forêt, Éditions de lIRD, traduction de Vozes vegetais, Diversidade, Resistências e Histórias da Floresta, UBU Editora, Ed. de l’IRD, Sao Paulo, Marseille
15/12/2021 – Assemblée Générale et film de M.A. Gonçalves et E. Altmann : « Under the Clouds »

15/12/2021 – Assemblée Générale et film de M.A. Gonçalves et E. Altmann : « Under the Clouds »

Cher(e) membre de la Société des américanistes,

Nous avons le plaisir de vous convier à l’Assemblée générale de la Société des américanistes le mercredi 15 décembre à 16h30 (heure de Paris), dans la salle de cinéma du Musée du Quai Branly.

L’Assemblée sera suivie, à 17h, de la projection et discussion du film « Under the Clouds » (Au-dessous des nuages), réalisé en 2015 par Marco Antonio Gonçalves et Eliska Altmann.

Portugais sous-titré en anglais, 74 minutes

En 1961, pour la première fois dans l’histoire du Brésil, une femme noire, Carolina Maria de Jesus, vivant dans un bidonville de São Paulo, écrit sur sa vie quotidienne et fait publier son journal intime. Quarto de Despejo (Le Dépotoir : Journal intime de Carolina Maria de Jesus) devenu le livre le plus populaire de l’histoire de l’édition brésilienne, a été traduit en dix-sept langues et est devenu un best-seller en Amérique du Nord et en Europe. Cinquante ans plus tard, les réalisateurs du film, inspirés par ce journal, partent à la recherche de personnages qui dialoguent en quelque sorte avec Carolina. Dans le bidonville Complexo da Maré, à Rio de Janeiro, cinq femmes révèlent différentes expériences et visions de leur vie dans le bidonville, créant ainsi des continuités et des discontinuités avec la vision poétique et critique de la vie exprimée par Carolina de Jesus. Les voix et les visions de ces femmes, Geandra, Iraci, Edilma, Maria da Paz et Vanessa, offrent une image revigorante et poétiquement riche de la vie dans les bidonvilles qui échappe aux thèmes actuels de la violence et de la domination masculine, révélant un bidonville littéralement vécu à travers un regard féminin. Grâce à la voix de Geandra, une actrice, les mots écrits par Carolina acquièrent une nouvelle vie, en dialogue avec les voix contemporaines des autres personnages, tout aussi forts, des femmes du complexe de Maré.

Prière de vous présenter directement à l’entrée du musée (37 quai Branly), sans passer par les caisses. Sauf changements, le pass sanitaire vous sera demandé à l’entrée du Musée. Le plan Vigipirate impose aux agents de sécurité du musée à ne pas autoriser l’introduction de valises (même cabines), sacs de voyage, sacs à dos, sacs de sport…

Pour information, la prochaine séance, prévue en janvier, sera l’occasion de la présentation des travaux des lauréats des Prix Jeunes chercheurs et d’Aide à la publication d’ouvrages scientifiques de la Société.

Candidatures au Conseil d’administration 2022-2024

Candidatures au Conseil d’administration 2022-2024

Aux membres de la Société des Américanistes

Appel à candidature au Conseil d’Administration

(date limite: 19 novembre 2021)

 

Chères et chers collègues,

En application des statuts de notre Société, il convient de procéder, dans les prochains mois, au renouvellement de son conseil d’administration, lequel est composé de 25 membres. Le nouveau conseil, qui sera élu pour les trois années à venir (2022-2024), désignera un nouveau bureau et fixera la composition d’un nouveau comité de rédaction du Journal. Par ailleurs, ce conseil doit, tous les ans, se prononcer sur le bilan et les orientations de la Société, ainsi que sur les Prix jeune chercheur·e et Aide à publication. Il est également attendu des membres du conseil d’administration qu’ils participent activement à l’administration et à la vie scientifique de la société.

Afin de lancer la procédure des élections à la mi-novembre, la Société recueille, dès ce jour et jusqu’au 19 novembre 2021, les candidatures de celles et ceux qui souhaitent siéger au conseil.

Conditions pour candidater :

– Seuls peuvent se présenter les membres ayant une fonction statutaire ou retraités d’une institution liée aux activités de recherche, d’enseignement ou concernant le patrimoine culturel.

Les candidats doivent également être à jour de leur cotisation.

Si vous avez un doute concernant ces conditions et le paiement de votre cotisation, nous vous prions d’écrire par courrier électronique à l’adresse de la Société.

Merci à chaque candidat de compléter le document ci-après et de bien vouloir nous le retourner (par voie électronique ou postale) avant le 19 novembre 2021.

_____________________________

Bulletin de candidature au Conseil d’Administration (date limite: 19 novembre 2021) :

NOM

Prénom

Adresse postale personnelle

Adresse électronique

Statut ou profession (indiquer votre établissement de rattachement)

 

A RENVOYER

– par courrier électronique de préférence à : societedesamericanistes@yahoo.fr

– ou postal à : Société des Américanistes, Musée du Quai Branly 222, rue de l’université, 75343 Paris Cedex 07

Prix et Aide à Publication 2022

Prix et Aide à Publication 2022

Musée du quai Branly, 222 rue de l’université, 75 343 Paris cedex 07

APPEL 2022

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  1. Prix jeune-chercheur·e de la Société des américanistes
  1. Aide à la publication d’ouvrages scientifiques

Le prix jeune-chercheur·e a pour objectif d’aider la publication d’ouvrages issus de thèses de doctorat. Le manuscrit doit avoir été accepté par une maison d’édition en France ou à l’étranger, et être prêt pour publication. La Société n’acceptera pas les manuscrits de thèse qui n’auront pas été retravaillés afin de paraître sous forme d’ouvrage. La thèse doit avoir été soutenue depuis moins de 5 ans. L’ouvrage doit entrer dans les domaines disciplinaires, thématiques et aréaux de la Société des américanistes (identiques à ceux du Journal), et être écrits dans l’une des langues principales de la Société (français, anglais, espagnol, ou portugais). La somme allouée est plafonnée à 3000€.

L’aide à la publication a pour objectif d’aider la publication d’ouvrages scientifiques qui entrent dans les domaines disciplinaires, thématiques et aréaux de la Société des américanistes (identiques à ceux du Journal), et sont écrits dans l’une des langues principales de la Société (français, anglais, espagnol, ou portugais). Il peut s’agir d’ouvrages personnels ou collectifs (recueils d’articles). Les candidatures doivent concerner des projets de publication ayant déjà été acceptés par une maison d’édition en France ou à l’étranger. La somme allouée sera plafonnée à 2500€ par projet de publication.

La date limite de soumission est fixée au 30 avril 2022. Les candidatures seront évaluées par des experts et sélectionnées par une commission ad hoc issue du Conseil d’administration de la Société. Les résultats seront publiés à l’automne de la même année.

Les pièces requises pour une soumission de candidature sont les suivantes :

– CV de l’auteur ou de chacun des co-auteurs/éditeurs incluant une liste de publications

– Rapport de thèse (uniquement pour le Prix jeune-chercheur·s ; dans le cas de pays où le rapport de soutenance n’existe pas, joindre les rapports ou les lettres de recommandation détaillées d’au moins deux membres du jury de thèse)

– Synthèse de cinq pages environ du manuscrit (sommaire, argumentaire, résumé détaillé, nombre de figures et d’illustrations)

– Manuscrit en format pdf

– Lettre de pré-acceptation de l’éditeur

– Devis de l’éditeur (incluant les aides déjà reçues ou acquises et celles demandées, ainsi que le montant spécifique sollicité à la Société)

– Coordonnées de l’éditeur

– Toute autre pièce jugée pertinente

Toute pièce manquante invalidera la soumission.

Pour recevoir le versement du prix ou de l’aide à publication, la lauréate ou le lauréat devra s’engager à faire mentionner dans l’ouvrage la contribution de la Société, accompagnée du logo, selon des modalités fixées entre la Société et la maison d’édition. Un nombre d’exemplaires devra également être versé à la Société à titre gracieux. S’il ne l’est pas déjà, la lauréate ou le lauréat s’engage à devenir membre de la Société avant la remise du prix ou de la subvention.

Les soumissions sont à envoyer à l’adresse suivante : societe.publi@americanistes.org.

Merci d’indiquer dans l’objet du message la catégorie (« Prix JC » ou « Aide à publication ») à laquelle la candidature s’applique.

04/11/2021 – Carla Jaimes Betancourt : « Archéologie des Llanos de Moxos : la richesse est dans la diversité »

04/11/2021 – Carla Jaimes Betancourt : « Archéologie des Llanos de Moxos : la richesse est dans la diversité »

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la prochaine conférence de la Société des Américanistes aura lieu le jeudi 4 novembre, à 18h30 (heure de Paris).

Exceptionnellement, cette réunion se déroulera dans la salle de cours 2 du musée du Quai Branly.

Nous aurons le plaisir de recevoir

Carla Jaimes Betancourt

(Département d’anthropologie des Amériques, Université de Bonn, Allemagne)

Archéologie des Llanos de Moxos : la richesse est dans la diversité

Pendant longtemps, la région amazonienne a occupé une position marginale dans l’histoire culturelle précolombienne des Amériques. Cependant, au cours des dernières décennies, les recherches archéologiques menées dans le cadre de nombreux projets ont révélé une complexité et une diversité surprenantes des processus culturels dans la région. En s’appuyant sur le cas des Llanos de Moxos en Bolivie, cet présentation résume les débats actuels et les différentes positions sur la domestication des plantes, l’origine des céramiques, les transformations du paysage, les forêts anthropiques et les développements culturels complexes à l’époque précolombienne dans le sud-ouest de l’Amazonie.

Les plaines de Moxos, dans l’actuel département de Beni en Bolivie, se caractérisent par un paysage presque entièrement anthropisé, résultat de plusieurs millénaires d’intense occupation humaine. A partir de 300 après J.-C., s’y sont développés des centaines de sites monumentaux qui, grâce aux techniques préhispaniques adaptées à la gestion des ressources naturelles, ont laissé de fortes empreintes dans le paysage. Moxos est une excellente illustration de la manière avec laquelle la diversité peut être le meilleur moteur du développement culturel au fil du temps. Cette conférence présente un aperçu de la recherche archéologique à Moxos et des études de cas dans des domaines spécifiques.

La conférence sera donnée en espagnol.

Pour information la prochaine séance aura lieu le 15 décembre.

Prière de vous présenter directement à l’entrée du musée (37 quai Branly), sans passer par les caisses.

Sauf changements, le pass sanitaire vous sera demandé à l’entrée du Musée. Le plan Vigipirate impose aux agents de sécurité du musée à ne pas autoriser l’introduction de valises (même cabines), sacs de voyage, sacs à dos, sacs de sport…

17/06/2021 – Anthony Webster – La compréhension d’un poème simple : poétique navajo, ethnopoétique et humanités de la parole

17/06/2021 – Anthony Webster – La compréhension d’un poème simple : poétique navajo, ethnopoétique et humanités de la parole

Cher(e) membre de la société des américanistes,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la prochaine conférence de la Société des Américanistes aura lieu le jeudi 17 juin 2021, à 18h (heure de Paris).

En raison de la situation sanitaire, cette rencontre se déroulera par visioconférence. Nous vous transmettrons le lien de connexion la veille de la rencontre.

Anthony K. Webster

(University of Texas, Austin)

La compréhension d’un poème simple : poétique navajo, ethnopoétique et humanités de la parole

Cette conférence s’inspire de différentes traditions. La première est une tradition américaniste qui peut être associée à Edward Sapir. Elle fournit la phrase d’ouverture de mon titre, liée tout autant à l’approche ethnographique qu’à ce qui fut parfois appelé la relativité linguistique. Cette perspective contribue à la fois aux traditions de l’ethnopoétique et à celle des recherches centrées sur la langue, attachée aux paroles de ceux avec qui nous travaillons en tant qu’anthropologues. Cette approche prend également en compte les cadres interprétatifs et les interprétations situées de ceux avec qui nous travaillons. Enfin, une troisième est une tradition d’interprétation esthétique Navajo.

Cette conférence porte sur un court poème écrit en navajo par Rex Lee Jim et quatre traductions de ce poème. Parmi les trois faites par des consultants Navajo, l’une est, d’un certain point de vue, plutôt surprenante. En effet, pourquoi un consultant le traduirait-il comme s’il était composé d’idéophones ? La quatrième traduction est la mienne. Je décrypterai ensuite la morphologie du poème en Navajo et révèlerai des aspects des traducteurs et du processus de traduction. Enfin, la transcription d’une conversation que j’ai eue avec le poète navajo Blackhorse Mitchell à propos de ce poème me permettra d’aborder les questions de l’iconicité phonologique (jeu de mots) et des qualités séduisantes de l’idéophonie (symbolisme sonore). Je soulignerai, pour finir, l’importance de prendre en compte les diverses manières par lesquelles les Navajos donnent sens et interprètent la poésie de Rex Lee Jim et suggèrerai, suivant la terminologie développée par mes collègues Pattie Epps, Anthony Woodbury et moi-même, que les humanités de la parole recèlent une riche valeur intellectuelle.

La conférence sera donnée en anglais

 
Introduction – Amérindiens face au Covid-19

Introduction – Amérindiens face au Covid-19

Etat de l’art et revue de presse

 

Ce texte constitue une brève présentation d’une liste de références en construction réunissant des travaux en ligne de divers ordres (textes scientifiques, articles de presse, chaînes vidéo, portfolios) qui permettent de témoigner des conditions de vie des Amérindiens durant cette crise sanitaire mondiale. Cette liste, que nous avons classée en différentes sections idoines, est accessible sur le site internet de la Société des américanistes <www.americanistes.org/>, qui inaugure une chronique entièrement dédiée à la question. Si les coordinateurs de ce travail, en raison de leurs affinités particulières avec ce terrain, se sont d’abord concentrés sur le bassin amazonien, cette liste de références rassemblera à terme des écrits et des matériaux décrivant la situation en temps de pandémie des Amérindiens de l’ensemble du continent américain.

* * *

Dès avril-mai 2020, de nombreux universitaires, journalistes, leaders politiques amérindiens ou membres d’ONG se sont attelés à documenter l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les populations autochtones du bassin amazonien. Que ce soit sous la forme d’articles dans des revues et sur des blogs scientifiques, ou encore dans des journaux de grande diffusion, tous les textes sonnent l’alarme, chacun à leur manière, sur les conséquences sanitaires, sociales, économiques, écologiques, politiques et anthropologiques de la propagation du SARS-CoV-2 dans les basses terres. Il convient ici de saluer la réactivité et les efforts qui ont été d’ores et déjà fournis pour interpeller, mais aussi produire des analyses et des réflexions en des temps records, en vue de rendre visible la situation dramatique dans laquelle se trouvent très souvent ces populations. La pandémie est venue s’ajouter à des contextes de précarité territoriale, de systèmes de santé défaillants, et de politiques étatiques trop souvent défavorables aux droits des amérindiens. Le cas du Brésil sous régime bolsonariste en est très certainement l’exemple le plus tragique.

Nous avons réuni dans cette liste de références – non-exhaustive – des textes qui offrent un panorama assez large de la diversité des situations et des difficultés que rencontrent les populations amazoniennes au temps du COVID-19. L’objectif de cette compilation est de permettre au lecteur d’identifier des problématiques, d’ouvrir des perspectives de recherche, et de continuer le travail de documentation, de visibilisation et de soutien aux groupes autochtones des basses terres. Contraints de rester derrière leurs écrans d’ordinateurs pour éviter de se transformer en vecteurs de la maladie, une très grande part des chercheurs spécialistes de cette région en sont désormais réduits à des échanges sporadiques avec leurs contacts et amis sur le terrain, et à glaner des informations éparses sur les réseaux sociaux ou les médias spécialisés. La présente liste vise à faciliter ces investigations et c’est pourquoi un état de l’art de la littérature scientifique sur le COVID-19 en Amazonie côtoie ici une revue de presse, mais aussi des matériaux non-analysés, comme une collection de liens renvoyant aux consignes sanitaires traduites en langues amérindiennes. Nous présentons d’abord les articles scientifiques et les numéros spéciaux de revue, puis nous rassemblons les articles journalistiques dans des rubriques différentes en fonction de la thématique qu’ils traitent.

En cette période d’isolement, ce sont les méthodologies mêmes de la recherche ethnographique qui sont questionnées par la pandémie, a fortiori pour les chercheurs allochtones. Et c’est peut-être un enseignement important à retenir de ce bilan bibliographique encore incomplet : le contexte sanitaire semble accélérer les collaborations dans les analyses, voire dans le travail même d’écriture, entre universitaires et représentants des peuples autochtones. Mieux encore, un nombre conséquent d’articles répertoriés sont écrits par des universitaires autochtones, provenant en particulier de l’Amazonie brésilienne. En dépit des confinements, les moyens de communication autorisent un travail de veille et de collecte d’informations constant (c’est le cas par exemple des pages Facebook comme https://www.facebook.com/groups/coronamazon/, administrée par E. Stoll et modérée par R. Folhes et E. Capredon), et ensuite d’échanges et de réflexions conjointes avec des contacts autochtones sur place, bien souvent des leaders politiques.

Sur le fond, outre les descriptions souvent chiffrées de la situation épidémiologique, les articles amorcent des réflexions générales sur plusieurs axes de travail que nous pourrions résumer comme suit. D’abord, la thématique centrale, présente dans pratiquement tous les textes, est celle du rapport entre les groupes autochtones, les États et leur système de santé. Les écrits soulignent l’incapacité des États à répondre aux besoins sanitaires des populations autochtones, en raison de politiques de santé inégalitaires, mais aussi, et peut-être plus grave encore, par méconnaissance des réalités sociales, en termes d’infrastructures par exemple, et des pratiques des Amérindiens relatives à la santé. Les mots employés par les interlocuteurs autochtones sont très forts pour décrire cette situation. On oscille entre le champ sémantique de l’abandon, du côté des pays andins, ou celui de l’absence, du côté brésilien, où les peuples autochtones ne se font aucune illusion quant aux intentions du régime de Bolsonaro à leur égard. Faute de ressources institutionnelles efficaces pour protéger leurs corps, les Amérindiens optent pour la protection de leurs territoires.

On note ainsi une réaffirmation claire des revendications de souveraineté territoriale, souveraineté paradoxalement renforcée par les recommandations des États andins invitant les groupes amérindiens à fermer et à contrôler l’accès à leur terre. Comme le fait remarquer I. Bellier dans différentes communications mentionnées ci-dessous, on relève en effet un lien étroit entre la santé des personnes et la “santé” des territoires, lien avant tout de nature nourricière. L’idée revient régulièrement qu’une alimentation produite au sein des territoires autochtones serait une des conditions pour se maintenir en bonne santé, contrairement à la nourriture provenant des villes où sévit en premier lieu le Coronavirus. Cette volonté de protection du territoire se manifeste en particulier dans les luttes qui s’organisent pour freiner les activités de bûcheronnage ou d’orpaillage. En ce sens, et avec peut-être une pointe d’ironie, le coordinateur de la Coordinadora de Organizaciones Indígenas de la Cuenca Amazónica (COICA), Gregorio Mirabal, affirmait récemment : “Tenemos que hacer un proceso de vacunaciones en todos los territorios de la cuenca amazónica con esa vacuna que se llama gobernanza territorial indígena y que es lo único que nos puede salvar”.

Aussi, on est frappé par le gain de légitimité dont ont bénéficié certaines revendications territoriales et autonomistes amérindiennes, du fait du vide laissé par les États. Dans le même temps, on s’aperçoit que les Autochtones ont été confrontés à une reprise fulgurante des activités extractives – entre autres, le bûcheronnage, l’extraction d’hydrocarbures ou encore les activités minières. Au Pérou, dès le mois de mai 2020, une série de décrets exonérait certains secteurs économiques de normes environnementales contraignantes, et allégeait les mécanismes de consultation citoyenne face aux projets extractifs. Potentiellement, la pandémie augure ainsi un double mouvement : le retrait, d’une part, de la puissance publique, et d’autre part le redéploiement d’un secteur privé aux multiples visages, dont les activités sont souvent informelles, voire parfois criminelles. Les assassinats de leaders amérindiens et écologistes qui se sont multipliés depuis le début de la pandémie en Amazonie péruvienne et colombienne notamment, rappellent, de manière tragique, que les territoires autochtones sont plus que jamais objets de convoitises.

Néanmoins, l’acceptation ou non de ces activités sur les territoires amérindiens fait aussi débat au sein même des populations autochtones, d’autant que la crise sanitaire les a parfois amputés de revenus substantiels. On le voit, la pandémie exacerbe des problématiques anciennes, dont celle de l’action des missionnaires protestants évangéliques dans la région constitue un autre exemple probant. Plusieurs sources suggèrent que les pasteurs profiteraient de la peur suscitée par le virus pour asseoir un peu plus leur influence et donner un nouvel élan à leurs ambitions prosélytes.

Si les intentions missionnaires multiplient les inquiétudes, c’est en particulier au sujet des groupes amérindiens en situation dite d’« isolement volontaire », avec lesquels certains secteurs religieux seraient tentés de forcer le contact – et cela à la faveur de la profonde reconfiguration des dynamiques politiques locales, dont on ne perçoit encore que la face émergée. Depuis au moins le XVIe siècle en effet, les populations amérindiennes d’Amazonie ont mobilisé des stratégies d’éloignement pour se prémunir des dangers immunologiques (variole, rougeole, grippes) liés en particulier à la colonisation européenne, mais peut-être aussi issus des zoonoses dont la forêt tropicale est potentiellement porteuse (voir l’article de S. Rostain). Dans de nombreux cas, cette volonté d’isolement volontaire s’est renforcée au fil des années, à mesure que de nouvelles formes de colonisation apparaissaient et s’intensifiaient (prosélytisme évangélique et catholique, agro-industrie, exploitation d’hydrocarbures, orpaillage, bûcheronnage illégal, trafic de drogue, tourisme), et au sujet desquelles les institutions publiques locales se montraient impuissantes, voire parfois complaisantes. Si, du fait de leur isolement ancien, ces Amérindiens restent extrêmement vulnérables face aux maladies infectieuses et virales, le COVID-19 constitue pour eux un danger considérable que de nombreux observateurs se sont attachés à documenter.

Ce thème donne d’ailleurs matière à une réflexion de plus grande envergure sur la notion d’« isolement social ». L’actualité, en effet, a le mérite de renverser la perception de cette pratique comme réflexe primitif et anachronique d’Amérindiens hostiles à la modernité. Tout au contraire, les mesures mondiales prises contre le COVID-19 révèlent, par effet de miroir, combien ces modes de vie amérindiens émergent directement du contexte social et politique – et donc viral – auquel ces populations ont été confrontées, et justifient leur volonté désormais partagée par les États eux-mêmes d’un isolement social protectionniste. En ce sens, la littérature montre la permanence, la réactivation voire la légitimation, sous l’effet de la pandémie, des stratégies d’éloignement volontaire dans cette région du monde, et au-delà.

Aussi, ces textes ne se contentent pas de dresser des tableaux sombres de la situation. Ils mettent aussi en lumière les formidables ressources organisationnelles, politiques et sanitaires que les amérindiens mobilisent pour se protéger, faire face et tenter d’enrayer les dynamiques de transmission du virus. Des initiatives autochtones fleurissent pour faire valoir les savoirs et pratiques médicales locales, et pour réclamer une véritable interculturalité dans les politiques sanitaires de l’État.

L’épidémie apparaît ainsi comme un « fait social total » en contexte postcolonial, un nœud dans lequel entrent en friction jusqu’à des pratiques du deuil et des considérations eschatologiques divergentes. Bruce Albert alerte en ce sens sur la tragédie que vivent les Yanomami privés du corps de leurs proches malades décédés, incinérés par les services sanitaires pour éviter les contagions. La liste de références donne alors à voir une “situation épidémique” – pour paraphraser G. Balandier – qui met plus que jamais en relation l’ensemble des acteurs locaux : les populations amérindiennes diversement sédentarisées, les multiples colons, les entreprises privées, les institutions publiques, aussi bien que l’agent viral.

 

Responsables : chroniques.sda@gmail.com

  • Paul Codjia (McGill University – Fondation Fyssen)
  • Raphaël Colliaux (IFEA – PUCP – Fondation Fyssen)

 

Autres contributeurs :

  • Claire Anchordoqui
  • Josemaría Becerril Aceves
  • Maddyson Borka
  • Romain Denimal
  • Mateo Knox
  • Maria Luisa Lucas
  • Valentina Vapnarsky
  • Aurore Monod-Becquelin
  • Idjahure Kadiweu
  • Élise Capredon
  • Vincent Hirtzel
  • Julia Vogel